À la suite de la publication par le gouvernement du Canada de la nouvelle Stratégie industrielle de défense du Canada, Lisa Lambert, présidente-directrice générale de l’Industrie Quantique Canada (IQC), a fait la déclaration suivante :
« La Stratégie industrielle de défense du Canada marque un point d’inflexion générationnel dans la façon dont le Canada articule sécurité, souveraineté et capacité industrielle. Il ne s’agit pas d’une mise à jour routinière en matière de défense. C’est une redéfinition de la manière dont le Canada entend bâtir sa puissance et sa prospérité.
En identifiant l’informatique quantique, les communications quantiques et les capteurs quantiques parmi les capacités souveraines du Canada, le gouvernement envoie un signal clair au marché. La question est maintenant de savoir si ce signal sera appuyé par une exécution disciplinée, soutenue — et menée avec rapidité.
La quantique n’est pas un projet scientifique marginal. C’est un portefeuille de capacités avancées qui façonnera la manière dont le Canada détecte, sécurise, calcule et communique — tant en défense que dans l’ensemble de l’économie.
Par exemple :
- Les capteurs quantiques permettent des mesures d’une précision exceptionnelle, renforçant le positionnement, la navigation et le synchronisme; améliorant la détection et le renseignement, la surveillance et la reconnaissance (ISR); élargissant la connaissance du domaine arctique, des fonds marins à l’espace; et optimisant la surveillance des infrastructures critiques.
- Les communications quantiques, les réseaux quantiques et la cryptographie résiliente à la quantique assurent des échanges d’information fiables, renforcent le commandement et contrôle, et protègent les systèmes de défense ainsi que les infrastructures civiles contre les cybermenaces conventionnelles et celles rendues possibles par la quantique.
- L’informatique quantique offre une nouvelle puissance de calcul permettant d’accélérer la découverte de matériaux, d’optimiser la logistique, de renforcer la cybersécurité, d’améliorer l’analyse du renseignement et d’appuyer la prise de décisions opérationnelles complexes.
Ces technologies sont intrinsèquement à double usage. Plusieurs applications sont d’abord destinées à la défense, et elles progressent rapidement à l’échelle mondiale, stimulées tant par nos alliés que par nos adversaires en raison de leur potentiel à conférer un avantage opérationnel décisif.
Parallèlement, le Canada fait progresser plusieurs grands projets d’approvisionnement en défense à long cycle de vie — sous-marins, navires de surface, systèmes de surveillance de l’Arctique, capacités spatiales et infrastructures de communications sécurisées — qui demeureront en service pendant des décennies. Ces plateformes coexisteront avec des capacités quantiques en maturation rapide. Le fait qu’elles soient prêtes pour la quantique ou qu’elles intègrent des solutions quantiques — et le choix des fournisseurs qui en assureront la mise en œuvre — se décide maintenant, à l’étape de la conception, avant que les décisions contractuelles et les chaînes d’approvisionnement ne se figent pour une génération.
Cela crée une fenêtre qui se resserre pour aligner les exigences des plateformes sur les capacités quantiques émergentes du Canada, réduire les risques opérationnels et de modernisation à long terme, et intégrer dès le départ des capacités industrielles souveraines et des chaînes d’approvisionnement de confiance dans les systèmes.
L’accent mis par la Stratégie sur le cadre Construire–Collaborer–Acheter est donc déterminant.
Aucun pays ne maîtrisera à lui seul l’ensemble de la quantique. Toutefois, le Canada peut et doit exercer un leadership dans les maillons de la chaîne de valeur où il est mondialement compétitif et où la souveraineté opérationnelle l’exige : construire lorsque c’est possible, en ancrant la propriété intellectuelle, les talents et la capacité industrielle au pays; collaborer avec des alliés de confiance afin d’assurer l’interopérabilité et une résilience partagée; et acheter de manière à renforcer — et non affaiblir — les capacités quantiques canadiennes.
La quantique constituera un banc d’essai déterminant pour mesurer si ce cadre est appliqué avec intention, notamment dans la manière dont le Canada valide, approvisionne et fait croître ses PME performantes.
Dans le domaine des technologies avancées, le Canada a souvent inventé l’avenir pour ensuite voir d’autres pays l’industrialiser. Cette Stratégie crée une occasion réelle de rompre avec ce schéma. Mais le potentiel à lui seul ne fera pas croître les entreprises, n’ancrera pas les chaînes d’approvisionnement et n’intégrera pas des capacités souveraines aux missions.
Si les entreprises canadiennes en quantique et en technologies habilitantes — en collaboration avec nos établissements de recherche de calibre mondial et notre bassin de talents — sont validées par des projets pilotes axés sur les missions, mises à l’échelle grâce à des mécanismes d’approvisionnement offrant un effet d’entraînement clair, intégrées aux chaînes d’approvisionnement alliées et positionnées pour la croissance à l’exportation, le Canada pourra transformer son leadership scientifique précoce en quantique en une capacité industrielle souveraine durable. Si le rythme contractuel et l’alignement pangouvernemental tardent, la fenêtre d’opportunité se refermera plus rapidement.
La discipline d’exécution et la cadence de mise en œuvre détermineront si la Stratégie industrielle de défense du Canada réussit à livrer des capacités concrètes aux utilisateurs finaux tout en renforçant la base industrielle nationale du Canada.
Bien mise en œuvre, la quantique peut renforcer la sécurité du Canada tout en ancrant une industrie à double usage compétitive à l’échelle mondiale, génératrice d’exportations, attirant les capitaux, consolidant la résilience des alliés et assurant une prospérité durable.
Le secteur quantique canadien est prêt à construire, à collaborer et à livrer.
Par l’entremise de l’Industrie Quantique Canada, le secteur est coordonné et prêt à contribuer à la concrétisation de cette Stratégie — en alignant les exigences dès les premières étapes, en accélérant le passage des projets pilotes à l’approvisionnement, et en veillant à ce que les capacités canadiennes soient intégrées aux systèmes qui définiront notre sécurité et notre avenir économique. »

